影子武士

name : 影子武士
image :
导演 : 黑泽明
编剧 : 黑泽明 [[Masato_Ide]]
主演 : 仲代达矢 [[山崎努]] [[萩原健一]]
摄影 : [[Takao_Saitô]] [[Masaharu_Ueda]]
剪辑 :
发行公司 : [[Kurosawa_Production_Co._Ltd.]](日本) [[Toho]] (日本)
首映日期 : 1980年4月26日
片长 : 179 min / Argentina:162 min / USA:162 min
颜色 : 彩色
语言 : 日语
混音 : Dolby
成本 : $6,000,000 (estimated)
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国家/地区:日本
出品年: 1980年
首字母: Y
条目星级 : ★

黑泽明访谈

记者:影子武士向我们讲述了一个十六世纪的故事,那个充满战火、变乱的时代,大致相当于西方莎士比亚的时代。您转向过去是因为现实无法引起您的兴趣,还是对您来说不太容易拍一部讲述现实的电影?

黑泽明:的确很难拍一部反映当今日本的电影。但是这不是我拍影子武士的原因,我自己选择过去……或者不。对我来说电影讲述的故事发生在过去或是现在是没有区别的。在所有的时代,人类都是一样的。

记者:在影子武士中,最初是什么吸引了您?您希望拍一部关于这个特殊年代的电影?武田信玄这个人物?影子武士的命运?还是这三者皆有?

黑泽明:我拍这部电影的决定,并不是在很长时间考虑之后做出的。拍这部电影的想法来得很“自然”,我也是很自然地去拍它。回到您的问题:时代,战国时代。这是一个人性以最清晰的方式表现的时代,从这点看,这个时代非常非常吸引人。在影片开拍后,我思考过一些我曾想做的事,我认为我的确被那些人物吸引,武田信玄、织田信长、德川家康。还有那场长筱之战。的确是一场难以理解的战役,交战中武田军所有的将军都战死了。在大多数情况下将军是不会战死的,况且他们的战死是没有必要的。我的疑问是他们为什么全部都战死了。并且我尝试找到一个答案。这点正是影子武士这个人物介入的原因,我创造了这个人物去帮我讲述这个故事。如果没有这个人物,直接拍一部这个时代的历史电影,是一个庞大的需要大量资金投入的事。相反,从影子武士的角度来拍就不需要如此庞大的财力支持。

记者:在您的电影中,哪些部分是历史,哪些是虚构?事实上,这是一个西方人很难区分的。您只虚构了影子武士,还是您仍从历史中突出了其他一些成分?

黑泽明:根据历史,武田信玄有过很多影子武士。但是在电影中我创造的只是一个虚构的影子武士。其余的部分都是由可靠历史研究支持的假设:从这点来说,我们可以把它看成是我对历史的解释。以武田信玄举例,关于他的死有诸多版本的说法。我只是从这些说法中选择了对我来说最符合戏剧要求。没有人能说这是真的或是假的,没有人知道武田信玄到底死在哪里。在众多的历史传奇中,我选择了表达最具有戏剧性的。影子武士-JAP1

记者:影子武士只是见过武田信玄一面,之后他就能模仿他。在他决定接受武田信玄弟弟武田信廉的建议的过程中,除了对“甲斐领主”(信玄被称为甲斐之虎)人格的钦佩外,还有其他的因素吗?

黑泽明:没有。在电影中我试图去表现—希望我在这点上成功了,即使影子武士只见过武田信玄一次,他就被武田信玄打动,使他下定决心为了他值得献出自己的生命。在武田信玄死后,影子武士看见武田家的将军们对于武田信玄的崇敬是由衷的并努力遵循主公的遗言,这种崇敬也给他留下了深刻的印象。

记者:在影片末尾,(为什么)影子武士暴露了自己却依然得到了将军们慷慨的赠与

黑泽明:这时武田家族内有两种完全不同心理。那些不知道影子武士实情的人,对于影子武士很愤怒,他们向他扔石头,他们觉得被愚弄了。然而将军们对他十分尊敬,他们让他走了,而不是像那个时代我们做的那样,杀了他,并且将军们表示了对他的感谢,他们给了他一大笔钱。

记者:和他的父亲武田信玄相反,武田胜赖,缺乏睿智和谨慎。应当承认,这个年轻领袖的欲望和野心正是武田家衰败的原因。我们可不可以认为年轻的武田胜赖是一个麦克白?

黑泽明:不。武田胜赖,如果他是莎士比亚笔下的人物,他不会是麦克白,他更接近哈姆雷特。我说的接近不是就是,因为他是不同的,他不是聪明人。这是个不幸的人物,在最后的战役中,例如,他是一个人指挥,他妄自尊大、听不见意见,尽管最后他也因此而死。完全出乎意料的是,织田信长利用了火绳枪。武田胜赖对他的骑兵部队充满自信,这支著名的军队从未战败过,直到这一天。如果,我们想象一下武田胜赖在这时的心情,我们会不禁地同情他。我们甚至可以拍一部很美的把武田胜赖塑造为英雄的电影,那会是一个戏剧化的故事。

记者:在影片中,多个主题互相交错。对武田信玄的描绘;影子武士的悲喜剧;还有一个宗族的灭亡。有残忍,但也有忧伤,某种对一个世界结束的遗憾。这是史诗诗人们的那种对过往的怀古的忧伤吗?

黑泽明:是的,毫无疑问。当我将这个故事搬上荧幕,很自然地涉及到战争领袖们的生活,不仅从人性的角度,而且从美学的角度去看。对装饰、衣服、盔甲、盔帽的选择体现了他们的审美和尚武,从他们对自己死亡的选择看,某些东西也是美的,这是这个时代的美学。的确也可以说这是我们的想法,因为毕竟那是一个遥远的年代。但是从历史给我们留下的看,我十分确信这就是那个时代的美。而我对于过去了的这个时代有种怀旧。因而这种怀旧体现在我的作品中也是很自然的了。

记者:Aldo Tassone
摘自《POSITIF》1980年10月刊,总第235期


Entretien avec KUROSAWA Akira

Kagemusha nous parle du 16eme siècle, période riche en contrastes et en changements, qui correspond un peu à l’époque de Shakespeare en Occident. Vous êtes-vous tourné vers le passé parce que l’actualité ne vous intéresse pas, ou parce qu’il n’est pas facile aujourd’hui pour vous de faire un film sur le présent ?

Il est vrai qu’il est difficile de réaliser un film sur le Japon actuel . Ce n’est toutefois pas la raison pour laquelle dans Kagemusha, j’ai choisi le passé… peut-être pas. Pour moi il n’y a pas de différence entre un film d’époque et un film qui se passe aujourd’hui. Les être humains sont les mêmes dans toutes les époques.

Qu’est-ce qui vous a attiré, au début, dans le projet de Kagemusha ? L’idée de faire un film sur cette époque particulière que vous aimez ? Le personnage de Takeda Shingen ? Le destin du Kagemusha ? Ou bien les trois à une fois ?

Quand je fais un film ce n’nest pas à la suite d’un long processus de réflexion. L’envie de réaliser tel film me vient « naturellement » et c’est naturellement que je le réalise. Pour en revenir à votre question : l’époque, cette époque du « pays en guerre » ; c’est l’époque où l’humain se manifeste de la manière la plus claire, et de ce point de vue elle est extrêmement passionnante. Ensuite, quand après avoir tourné ce film j’ai réfléchi à ce que j’avais voulu faire, je crois que j’ai été très attiré par le personnage de Takeda Shingen, Oda Nabunaga ou encore Togukawa Ieyasu. Et puis il y a cette bataille, la bataille de Shidaraghara. C’est un affrontement vraiement étrange où tous les généraux sont morts. Dans la plupart des cas les généraux ne meurent pas, ce n’est d’ailleurs pas nécessaire qu’ils meurent. La question était de savoir pourquoi ils étaient tous morts. Et j’ai essayé d’y trouver une réponse. C’est là qu’intervient le personnage du Kagemusha, je l’ai créé pour qu’il m’aide à illustrer ce récit.Filmer l’histoire de cette époque directement, sans l’artifice du Kagemusha, aurait été une entreprise gigantesque nécessitant d’énormes moyens. Par contre, faire ce film du point de vue du Kagemusha ne demandait pas des moyens aussi démesurés.

Dans votre film, quelle est la part de l’histoire et la part de l’invention ? En effet, pour un Occidental, ce n’est pas toujours facile à départager. N’avez-vous inventé que le personnage du Kagemusha et sa psychologie, ou bien y a-t-il d’autres éléments qui relèvent plus de votre imagination que de l’Histoire ?

D’après l’Histoire,Takeda Shigen a eu de nombreux Kagemusha. Mais celui-là je l’ai inventé, et ce que j’ai créé de toutes pièces dans ce film c’est uniquement le personnage du Kagemusha. Le reste ce sont des hypothèses étayées par de solides recherches historiques :en ce sens , on peut dire que c’est mon interprétation de l’Histoire. Prenons par exemple le personnage de Shingen, la façon dont il meurt. Sur ce point particulier il exsite de nombreuses versions des faits. J’ai simplement choisi parmi ces versions celle qui me semblait la plus apte à une représentation dramatique. Personne ne peut dire si elle est exacte ou non, on ne sait même pas où est mort Shingen. Parmi les nombreuses légendes j’ai choisi celle qui me permettait une mise en scène dramatique.

Le Kagemusha voit une seule fois Takeda Shingen, dont il deviendra le double. Dans sa décision d’accepter la proposition du frère de Takeda, Nobukado, y a-t-il d’autres raisons que l’admiration pour la grande personnalité du « Seigneur du Kai » ?

Non. Dans le film j’ai essayé de montrer – j’espère y avoir réussi – que même si le Kagemusha a rencontré Shingen une seule fois, il a été tellement impressionné par cet hommequ’il a décidé qu’il valait la peine de sacrifier sa vie pour lui. Après la mort de Shingen, le Kagemusha voit à quel point les généraux du clan sont sincères dans leur dévotion envers Shingen, essayant de soutenir son testament : cette dévotion l’a impressionné beaucoup aussi.

A la fin du film le Kagemusha démasqué profitera lui aussi de cette générosité des généraux.

Il y a là à ce moment-là deux courants psychologiques complètement différents au sein du clan Takeda. Ceux qui ne connaissaient pas la véritable identité du Kagemusha deviennent furieux contre le sosie, lui jettent des pierres. Ils se sentent dupés. Tandis que les généraux ont un grand respect pour lui. Ils le laissent partir – au lieu de le tuer, comme on faisait à l’époque – et pour lui signifier leur appréciation, ils lui donnent une somme d’argent.

Contrairement au personnage de son père, Takeda Shingen, le fils Katsuyori est complètement dépourvu de sagesse et de prudence. Les frustrations et l’ambition de ce jeune chef seront d’ailleurs la cause de la chute du clan Takeda. Peut-on voir dqns le jeune Katsuyori une sorte de Macbeth japonais ?

Non.Katsuyori, s’il était un personnage de Shakespeare, ne serait pas Macbeth. Il serait plutôt plus proche d’Hamlet. Quand je dis proche ce n’est pas vrai, puisqu’il est différent, ce n’est pas un intellectuel. C’est un personnage très infortuné. Pendant la dernière bataille, par exemple, à la fin, il est tout seul, il fait le fanfaron malgré lui et finalement il en meurt.Et puis, contre toute attente, Oda a utilisé des fusils. Katsuyori avait sans doute trop misé sur son armée de cavaliers, cette fameuse armée qui n’avait jamais été vaincue à ce jour. Alors, si l’on imagine les sentiments de Katsuyori à ce moment , on ne peut s’empêcher de le plaindre. On pourrait même envisager d’écrire un très beau film dont le héros serait Hatsuyori, ce serait une histoire très dramatique, à partir de ce seul personnage.

Dans Kagemusha, plusieurs thèmes s’entrecroisent. C’est à la fois le portrait d’un grand homme, Takeda Shingen ; l’histoire tragi-comique d’un homme-ombre, le Kagemusha ; et en même temps la destruction d’un clan. Il y a de la crunauté dans votre film, mais aussi une certaine nostalgie, un certain regret pour la fin d’un monde . Est-ce la nostalgie des grands poète épiques pour le passé ?

Oui, sans doute. Quand je mets en scène une telle histoire, ce qui me vient naturellement c’est la façon de vivre de ces chefs guerriers, pas seulement du point de vue humain, mais aussi du point de vue esthétique. Par le choix des éléments de leur parure, leurs vêtements, leurs armures, leur casques ornés de cornes, ils expriment leur sensibilité à la beauté, leur aspiration à faire de la guerre, de leur propre mort , quelque chose de beau. C’est une esthétique qui n’appartient qu’à cette époque. Bien sûr on peut dire que nous pensons de cette manière parce qu’il s’agit d’une époque reculée. Mais moi, à partir des objets qui nous en restent, je la ressens très fortement comme une esthétique propre à cette période. Et c’est vrai que j’éprouve une nostalgie pour ce passé. Il me semble donc naturel que cette nostalgie transparaisse dans mon oeuvre.

Entretien réalisé par Aldo Tassone
Positif n°235, octobre 1980 (extraits)
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